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Ronces, Le 1er film IA Francophone

Comment ce film IA a été créé, alors qu'il y a quelques mois, je générais à peine ma première image IA ?

Ronces n'est pas né d'une idée théorique parfaite.

Le film s'est construit comme beaucoup de projets IA se construisent vraiment aujourd'hui : par intuition, par essais, par accidents utiles, par renoncements intelligents, puis par un énorme travail de sélection, de montage et de direction.

Ce que j'ai voulu montrer avec ce projet, ce n'est pas juste qu'on peut générer de belles images. Ça, beaucoup d'outils savent déjà le faire par moments. Le vrai enjeu, c'est autre chose : réussir à transformer une matière instable, imparfaite, parfois incohérente, en une scène qui donne une sensation de continuité, de tension, de cinéma et de présence.

Ronces a été pensé dès le départ avec une logique simple : ne pas se saboter inutilement. En création IA, plus on ajoute de complexité mal maîtrisée, plus on fragilise le projet. C'est pour cela que beaucoup de choix du film sont aussi des choix de production. Le chevalier casqué, par exemple, n'est pas seulement un choix esthétique. C'est aussi une manière d'éviter énormément de problèmes liés au visage, au regard, aux expressions, aux cheveux ou à la synchronisation. L'absence de dialogue va dans le même sens. Elle laisse plus de place à l'image, au rythme, au son, à la symbolique, et elle évite d'ajouter une contrainte que les outils gèrent encore mal dans beaucoup de cas.

Le film repose aussi sur une idée que je trouve essentielle quand on travaille avec l'IA : construire autour d'un symbole fort et simple. Ici, la rose joue ce rôle. Elle concentre immédiatement quelque chose de narratif, de visuel, de poétique et de dramatique. Elle donne un centre de gravité au film. Elle évite d'avoir besoin d'expliquer trop. Elle permet de faire tenir un univers entier avec peu d'éléments.

À partir de là, tout le travail a consisté à chercher non pas des plans parfaits, mais des moments exploitables. C'est une différence énorme. En vidéo IA, on ne "fabrique" pas toujours un plan propre du début à la fin. On génère, on observe, on trie, on extrait, on réassemble. Un rush de 15 secondes ne vaut souvent pas pour ses 15 secondes, mais pour une seconde, deux secondes, parfois même un demi-moment qui contient la bonne posture, le bon regard, le bon impact ou la bonne amorce de mouvement.C'est ce regard-là qui change tout. On ne travaille plus comme quelqu'un qui attend un miracle. On travaille comme quelqu'un qui sait repérer la matière utile.

Le montage a donc été absolument central. Dans un projet comme Ronces, le montage n'est pas une finition. C'est l'endroit où le film existe réellement. C'est lui qui permet de raccorder des fragments imparfaits, de créer une illusion de continuité, de suggérer plus que de montrer, de donner de la vitesse, de la respiration, de l'impact. Beaucoup de plans n'ont pas été gardés entiers. Ils ont été coupés, déplacés, ralentis, réinterprétés, parfois même utilisés comme base pour générer autre chose. Certaines images extraites du montage sont redevenues des points de départ pour fabriquer de nouveaux plans. La timeline n'était donc pas juste un endroit où assembler. C'était aussi un atelier de fabrication.

Cette logique se retrouve aussi dans le cadrage. Le format cinéma n'a pas été utilisé comme un simple habillage "pour faire joli" ou "faire film". Il a servi comme outil de composition. Le masque 2.39 permet de recadrer, de repositionner un regard, de mieux faire respirer un personnage dans l'image, de redonner de la force à un plan qui serait presque bon mais pas encore juste. C'est pareil pour les micro-recadrages verticaux. Ce sont parfois des ajustements minimes, mais ce sont eux qui donnent à l'image une sensation plus pensée, plus maîtrisée, moins brute.

Le texte à l'image a été abordé avec la même logique. Pas de démonstration inutile, pas d'effets qui prennent le dessus sur le film. Le but était que la typographie prolonge l'univers au lieu de le casser. Même chose pour les effets de caméra légers ou les traitements finaux : tout ce qui a été ajouté devait renforcer la sensation de vie, jamais rappeler l'outil.

Le son, lui aussi, a joué un rôle fondamental. Et c'est un point que beaucoup sous-estiment encore dans les projets IA. Une image forte avec un mauvais son sonne immédiatement faux. La bande son n'a donc pas été traitée comme un simple habillage de fin. Elle a été construite comme une structure à part entière. Musique, textures, impacts, respirations, silences, coupures, superpositions, fondus : tout cela participe autant au film que les images elles-mêmes. Très souvent, le son natif des rushs n'était pas exploitable tel quel. Il a fallu le couper, le retravailler, le remplacer, ou simplement le muter. L'objectif n'était pas de respecter la réalité brute des vidéos générées, mais de fabriquer une continuité sensorielle crédible. Le spectateur n'a pas besoin que le rush soit "vrai". Il a besoin que l'ensemble lui paraisse juste.

Ce que Ronces raconte aussi, en creux, c'est une manière de travailler. Accepter l'itération. Accepter les détours. Accepter qu'un accident puisse devenir une idée. Accepter qu'une bonne intuition initiale ne suffise pas, et qu'il faut ensuite entrer dans une logique beaucoup plus exigeante de tri, de structure, de rythme et de finition. L'IA ne remplace pas le regard. Elle le met encore plus à l'épreuve. Elle oblige à faire des choix. À renoncer vite quand quelque chose ne marche pas. À protéger l'intention émotionnelle plutôt que de s'acharner sur une exécution impossible. À penser comme un réalisateur, mais aussi comme un monteur, un directeur artistique, parfois même comme un producteur.

Au fond, c'est peut-être ça, la vraie réflexion derrière Ronces : comprendre qu'unfilm IA fort ne naît pas d'une génération magique. Il naît d'une accumulation de décisions justes. Le bon personnage. Le bon niveau de complexité. La bonne image de départ. Le bon symbole. Le bon fragment sauvé. La bonne coupe. Le bon silence. Le bon raccord. Le bon renoncement. Et à la fin, tout cela finit par donner une sensation de cohérence qui dépasse largement la somme des outils utilisés.

Les outils que j'ai utilisés :

Higgsfield

Mon outil principal pour générer des vidéos et images IA. Je l'utilise au quotidien pour mes créations.

ElevenLabs

Synthèse vocale et voix IA ultra-réalistes pour vos vidéos, podcasts et contenus audio.

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