Éviter le "style Midjourney" , Techniques pour des rendus authentiques
Le rendu « typique Midjourney » (lisse, surréaliste, répétitif) se repère à des kilomètres. Comment s’en écarter pour des images qui sonnent pro et humaines.
Tu as vu des centaines d’images « faites à Midjourney » sans qu’on te le dise. Lumière douce partout, peau lisse, couleurs un peu trop saturées, un je-ne-sais-quoi de trop parfait. Pas moche , mais reconnaissable. Pour de la pub, une série ou un film, ce look peut sonner « IA » et faire reculer le client ou le public. S’en écarter, c’est possible : choix de mots, paramètres, post-traitement et discipline. Ce guide donne des techniques concrètes pour des rendus authentiques , qui ressemblent à des décisions de tournage ou de photo, pas à un défaut de modèle.
Ce qui définit le « style Midjourney » (et pourquoi ça pose problème)
Le modèle a été entraîné sur des masses d’images « belles » et souvent homogènes : photos de stock, visuels publicitaires lissés, art digital propre. En sortie, on obtient souvent :
- Peau et matières lisses : peu de grain, peu de pores, peu d’imperfections.
- Éclairage « flat » ou trop équilibré : plusieurs sources implicites, peu d’ombres marquées.
- Couleurs saturées et douces : teintes un peu « instagram », pas toujours naturelles.
- Compositions « safe » : centrage, rule of thirds par défaut, peu de risques.
- Rendu parfois surréaliste quand on pousse : mélange de styles, détails trop propres.
Pour un usage cinéma, pub ou éditorial, on veut au contraire : grain, une lumière directionnelle (key/fill/rim), palette maîtrisée (pas tout saturé), imperfections plausibles. Donc il faut contre-prompter et paramétrer pour sortir du défaut. La structuration du prompt en 5 règles et les prompts d’éclairage cinématographique sont la base : une fois que tu décris la lumière et le style comme un chef opérateur, le rendu s’éloigne déjà du « tout lisse ».
Techniques pour des rendus authentiques
1. Décrire la lumière en technique, pas en adjectifs.
Éviter : « beautiful lighting », « professional », « stunning ». Utiliser : « key light from upper left, 45°, soft fill 2:1, rim light right shoulder, cool ». Plus tu donnes de direction et de ratio, moins le moteur tombe dans son défaut « bien éclairé partout ». Pour une liste de termes que l’IA comprend, l’éclairage cinéma en prompt détaille tout.
2. Imposer le grain et la texture.
Ajouter systématiquement : « natural film grain », « cinema photography », « cinematic stills », « natural skin texture », « subtle imperfections ». « 35mm », « anamorphic » ancrent le rendu dans une grammaire film. Ça casse le lissage par défaut.
3. Une source de lumière dominante.
« Single key light », « minimal fill », « low key », « practical light » : tu forces un choix d’éclairage au lieu de laisser le modèle « tout éclairer ». Résultat : ombres lisibles, relief, moins de flat.
4. Limiter la saturation.
« Muted colors », « desaturated », « natural color palette », « no oversaturation ». Ou en negative prompt (Stable Diffusion, etc.) : « oversaturated », « vibrant », « neon ». Les couleurs restent crédibles, moins « feed Instagram ».
5. Cadrage et composition explicites.
« Medium close-up », « subject in lower third », « Dutch angle », « negative space on the right ». En forçant la composition et le cadrage, tu évites le centrage automatique et les compositions trop « safe ».
6. Style reference (--sref) à partir d’une image déjà « pro ».
Si tu as une image qui sonne cinéma (grain, lumière dure, palette sobre), utilise-la comme style reference. Le modèle tire alors vers ce look au lieu du défaut Midjourney. Voir style reference et cohérence.
7. Post-traitement.
Même avec un bon prompt, un passage en post peut renforcer l’authenticité : ajout de grain 35mm, léger teinte (LUT), coup de contraste ou écrasement des noirs. L’IA donne la base ; la finition reste humaine.
Le « style Midjourney » n’est pas une fatalité. C’est la moyenne du modèle quand on ne le contraint pas. Contrainte = décision = rendu plus pro.
Scénarios concrets
Scénario 1 , Portrait éditorial « magazine ».
Tu veux un portrait qui ne crie pas IA. Prompt type : « Woman, direct gaze, medium close-up, single hard key from left, minimal fill, natural skin texture, film grain, 85mm, shallow DOF, neutral background, cinematic stills, cinema photography, muted colors. » Éviter « beautiful », « professional », « soft lighting ». La simulation d’objectifs cinéma (flare, bokeh) peut ajouter une touche supplémentaire si tu veux un look plus « film ».
Scénario 2 , Packshot produit luxe.
Un flacon, un bijou : le client ne doit pas sentir le « générique IA ». Prompt type : « Perfume bottle on black surface, single soft key top left, subtle rim, controlled reflections, 85mm, shallow DOF, natural film grain, luxury product shot, no oversaturation, cinematic stills. » Pas de « stunning » ni de « amazing ».
Scénario 3 , Série pour une campagne (cohérence sans « Midjourney »).
Tu veux 5–10 images dans le même style, mais pas le défaut du modèle. Workflow : (1) Générer une image en appliquant toutes les techniques ci-dessus. (2) Valider cette image comme style reference (--sref). (3) Générer le reste en réutilisant --sref et la même phrase lumière + « film grain », « natural texture » dans chaque prompt. La génération de visuels publicitaires cohérents et le moodboard pro reposent sur cette discipline.
Ce que les débutants se trompent
Ajouter « cinematic » sans rien d’autre.
« Cinematic » seul reste vague ; le modèle peut encore livrer du lisse. Correction : Toujours associer lumière technique (key, fill, rim) + grain + natural skin texture (si visage) + muted si tu veux éviter la sursaturation.
Trop de mots « positifs » vagues.
« Beautiful, stunning, professional, high quality » renforce souvent le défaut (lisse, parfait). Correction : Les remplacer par des décisions : direction de la lumière, focale, ratio, grain.
Négliger le negative prompt (quand disponible).
Sur Stable Diffusion (et outils qui le permettent), ajouter : « smooth skin, plastic, oversaturated, soft focus everywhere, no grain, 3D render, digital art ». Ça repousse le rendu vers le réalisme et le grain. Voir negative prompt et aberrations.
Tout faire en une image sans itérer.
Le premier jet est souvent « trop Midjourney ». Correction : Itérer : ajouter « single key », « film grain », « natural skin texture », ou baisser le « stylize » (Midjourney) pour que le modèle respecte mieux le prompt et moins son style par défaut.
| Problème | Piste de solution |
|---|---|
| Peau trop lisse | « Natural skin texture », « film grain », « pores », « subtle imperfections ». |
| Éclairage plat | « Single key light », « minimal fill », « low key », « rim light ». |
| Couleurs trop « instagram » | « Muted colors », « desaturated », « natural palette » ; negative : « oversaturated ». |
| Composition toujours centrée | « Subject in lower third », « rule of thirds », « negative space left ». |
| Rendu « 3D » ou digital | « Cinematic stills », « cinema photography », « 35mm », « film grain » ; negative : « 3D render ». |

Midjourney : paramètres utiles
--stylize (sref)
Valeur plus basse (50–100) = le modèle suit mieux ton prompt et s’éloigne du style par défaut. Valeur haute = plus « artistique » mais souvent plus lisse et surréaliste. Pour du rendu pro, tester --sref 50 ou 75.
--chaos
Plus bas = plus prévisible, moins de surprises « créatives ». Utile pour des séries cohérentes.
Style reference (--sref)
Une image déjà validée (grain, lumière dure, palette sobre) en --sref tire toute la série vers ce look. Voir Midjourney V8 et style reference.
Ressource vidéo : Pour voir côte à côte un rendu « typique Midjourney » et un rendu « cinéma » (grain, lumière, texture), cherchez sur YouTube « Midjourney cinematic look » ou « avoid Midjourney style photorealistic ».
Questions fréquentes (FAQ)
Ces techniques marchent-elles sur Flux ou Stable Diffusion ?
Oui. La logique est la même : lumière technique, grain, texture, palette maîtrisée. Les paramètres changent (pas de --stylize sur Flux), mais les mots du prompt restent valables. Pour Midjourney vs Flux, on compare les deux pour le photoréalisme.
Comment convaincre un client que ce n’est pas « juste de l’IA » ?
Montrer le brief (prompt structuré, référence de style, choix de lumière) et éventuellement une avant/après post-traitement (grain, grade). Le processus (décisions + finition) prouve l’intention pro.
Le grain ne dégrade-t-il pas la qualité ?
Un grain naturel (35mm, fine grain) ajoute de la crédibilité sans casser la netteté. À éviter : grain trop fort ou bruit numérique. En post, des plugins ou LUTs « film grain » permettent de doser.
Faut-il éviter Midjourney pour du pro ?
Non. Midjourney peut produire des rendus très pro dès qu’on contraint le style (prompt + paramètres + style ref). Le problème n’est pas l’outil, c’est le défaut quand on ne le pilote pas. Alternatives gratuites et payantes peuvent compléter selon le besoin (contrôle, coût).
Comment repérer si une image est « trop Midjourney » ?
Indices : peau trop lisse, lumière douce partout, couleurs un peu trop « propres », composition très équilibrée sans risque. En comparant avec des photos de tournage ou des campagnes pub réelles, la différence saute aux yeux. Les erreurs qui trahissent l’image IA donnent d’autres signaux (mains, texte, symétrie).


Frank Houbre - expert IA vidéo et Image
Frank Houbre est un expert en IA vidéo et image, artiste IA et filmmaker récompensé aux Seoul International AI Film Festival et aux Mondial Chroma Awards. Avec plus de 10 ans d'expérience en entrepreneuriat digital, il crée des courts-métrages et animés entièrement générés par IA (Midjourney, Kling, Adobe Firefly). Co-Fondateur de Screenweaver et de la communauté #AIStudios, il partage des tutoriels gratuits et avis d'outils sur Business Dynamite pour aider les créateurs à automatiser leur production.
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